Die Dichte

Mercredi 4 mai 2011
durée : 50 mn


crédit photo : Denis Cointe

Pourquoi ce titre, Die Dichte, en allemand ? Parce que ce mot, sans équivalent en français, englobe plusieurs sens – épaisseur, densité – et préfigure la nature du projet artistique conçu par le plasticien Denis Cointe. C’est à Berlin que Denis Cointe est allé filmer les images qu’on verra sur scène ; à Berlin que Marie NDiaye a écrit le texte inédit qu’on entendra ; autour de Berlin enfin que circule le S-Bahn, lequel imprime son rythme régulier aux cinquante minutes de Die Dichte. Comme si aucune autre ville n’était mieux propice pour ressentir et évoquer cette manière d’être au monde qu’ils partagent, un monde aboli de toute frontière, perméable, fluctuant.
   Denis Cointe convie le spectateur à une expérience sensible. Pour cela, il incorpore l’auteur et son texte dans un ensemble composite faisant appel à la vidéo autant qu’à la littérature, à la musique autant qu’à la parole (en direct et pré-enregistrée), aux corps présents sur la scène ou projetés sur l’écran. Il veut immerger le spectateur dans un flux magnétique d’images, de mots et de sons. Un moment rare. Un événement.

J’ai souvent éprouvé le désir de changements, voire de ruptures : j’ai ainsi tenté de me mesurer à des genres très divers, pièces de théâtre, livres pour enfants, scénarios, toujours avec la conviction que mon écriture gagnait à ces confrontations. Le travail radiophonique en particulier m’a donné envie d’imaginer une écriture dont le propos, la texture, le sens, auraient partie liée avec la musique et les images... Ma rencontre avec Denis Cointe s’avère donc providentielle...
Marie N'Diaye, Prix Femina 2001, Prix Goncourt 2009
Lors de mes derniers séjours, j’ai vécu Berlin depuis le S-Bahn, de jour et de nuit, laissant les paysages discontinus et inachevés me traverser...
Voilà toute mon intention : donner au spectateur à vivre les traces de nos présences diffuses, d’une rencontre dans cette ville singulière.

Denis Cointe

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